
Un marché des CPU serveurs multiplié par cinq en cinq ans et une activité quantique enfin monétisable : Lip-Bu Tan fixe deux horizons ambitieux pour Intel. Classiq doit servir de trait d’union entre les processeurs classiques du groupe et ses futurs QPU.
L’IA agentique pourrait porter les CPU à 200 milliards de dollars

Lors de la dernière conférence consacrée aux résultats d’Intel, Lip-Bu Tan a défendu le rôle des CPU dans l’IA agentique. Il estime que le marché adressable des processeurs serveurs, actuellement évalué à 40 milliards de dollars, pourrait dépasser 200 milliards de dollars sur cinq ans, soit environ 184 milliards d’euros à titre indicatif.
Cette projection repose sur le nombre attendu d’agents numériques et sur la quantité d’agents qu’un CPU pourrait prendre en charge. Le dirigeant avait expliqué à la fin du mois précédent qu’il utilisait lui-même des agents IA durant la nuit afin d’en exploiter les résultats le matin.
CPU et GPU ne visent pas les mêmes tâches
Intel distingue les opérations de raisonnement, adaptées aux GPU, des tâches déterministes pour lesquelles le CPU serait plus efficace. Tan affirme qu’une requête de raisonnement exécutée sur GPU peut consommer plusieurs wattheures, contre seulement quelques joules pour une requête traitée par CPU.

L’argument énergétique est central alors que la puissance électrique disponible devient une contrainte majeure pour les centres de données. La prévision d’Intel reste toutefois une estimation de marché : elle suppose une diffusion massive des agents et une répartition favorable des charges entre CPU et accélérateurs.
Intel quantique : Classiq apporte la couche logicielle manquante
L’acquisition de Classiq doit permettre à Intel de devenir, selon les mots de son directeur général, une entreprise quantique « full stack » générant des revenus. Lip-Bu Tan avait déjà évoqué la société en septembre, en soulignant sa place dans les logiciels quantiques et son approche mêlant calcul classique et quantique.
La plateforme de Classiq est indépendante du matériel. Elle doit fournir une porte d’entrée aux utilisateurs souhaitant concevoir et exécuter des applications quantiques, tout en complétant les piles matérielles et logicielles qu’Intel développe déjà en interne.
Intel entend ainsi étendre son portefeuille de calcul aux QPU, aux côtés des CPU, GPU et ASIC. Cette intégration donne surtout au groupe un moyen de commercialiser plus tôt des outils quantiques, sans attendre que ses propres processeurs quantiques atteignent seuls une maturité industrielle suffisante.
La stratégie associe deux paris encore incertains mais cohérents : conserver le CPU au centre de l’infrastructure agentique et contrôler la couche logicielle qui reliera demain calcul conventionnel et QPU. Pour Intel, Classiq peut donc produire des revenus avant l’adoption à grande échelle du matériel quantique, tout en préparant un écosystème capable d’accueillir ses futures architectures.
Source : Wccftech