
Dans une interview diffusée le 31 mars par CBS, Jamie Dimon projette une transformation profonde du travail et de la santé publique sous l’effet de l’IA. Le patron de JPMorgan Chase estime que, d’ici trente ans, une semaine de « trois jours et demi » pourrait devenir la norme pour la génération suivante, avec une espérance de vie qui grimperait vers les 100 ans.
Dimon relie ces gains de productivité à des avancées concrètes en médecine, en science des matériaux et en sécurité routière. Il va jusqu’à évoquer la perspective que l’IA contribue à « guérir le cancer », à concevoir des matériaux plus performants et à réduire nettement les accidents de la route.
Le dirigeant nuance toutefois l’enthousiasme en soulignant le risque d’un choc rapide sur l’emploi. Selon lui, l’efficacité accrue tirée de l’IA pourrait déstabiliser des métiers à court terme, d’où la nécessité d’un plan coordonné de formation et de reconversion. Il plaide pour un effort conjoint des entreprises et des gouvernements afin d’absorber la transition, en réaffectant les travailleurs vers des secteurs en tension, notamment l’industrie avancée.
Productivité, emploi et requalification
Dimon dit s’attendre à un solde positif sur l’emploi à long terme, à condition d’investir massivement dans la montée en compétences. Son discours met l’accent sur des programmes de requalification interne et des passerelles vers des filières où la pénurie perdure, avec un message simple aux salariés : « il y a d’autres postes, nous vous formerons ».
La temporalité reste la variable critique. Si les gains de productivité arrivent plus vite que l’adaptation des organisations et des systèmes éducatifs, la pression sociale et politique s’intensifiera. À l’inverse, une coordination efficace pourrait accélérer la diffusion des bénéfices, notamment dans la santé et la sécurité, où l’IA opère déjà des gains incrémentaux tangibles.
Pour les industries intensives en capital et à cycle long, l’implication est claire : caler dès maintenant des plans de requalification et de mobilité interne autour des chaînes de valeur où l’IA a un effet de levier réel (R&D matériaux, automatisation de procédés, maintenance prédictive). Les acteurs qui structureront tôt leurs viviers de compétences capteront l’essentiel des rendements d’échelle quand la vague d’adoption s’accélérera.
Source : ITHome