
À Davos, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a prévenu que l’IA allait frapper le marché de l’emploi « comme un tsunami », avec un risque immédiat pour les jeunes actifs. S’appuyant sur des travaux internes, elle estime que l’IA affectera environ 60 % des postes dans les économies avancées et près de 40 % au niveau mondial. L’onde de choc ne se limitera pas aux métiers directement automatisables.
Dans les pays développés, environ 10 % des postes sont déjà « augmentés » par l’IA, avec des gains de productivité qui soutiennent les salaires et l’activité locale. En parallèle, les emplois d’entrée de gamme – typiquement occupés par des jeunes – figurent parmi les plus exposés, rendant l’accès au premier poste plus difficile. Même sans suppression nette, les travailleurs dont la productivité n’est pas tirée par l’IA pourraient voir leurs revenus sous pression, y compris au sein des classes moyennes.
Georgieva pointe un décalage entre la vitesse de diffusion des modèles et l’état des cadres de sécurité et d’inclusion : « nous ne savons pas encore comment garantir la sûreté ni l’accès équitable, alors que le monde change très vite ». Ce diagnostic tranche avec celui de David Solomon, CEO de Goldman Sachs, pour qui l’IA n’annonce ni « cauchemar » ni contraction massive de l’emploi. Selon lui, la technologie élimine et crée des postes depuis des décennies, et « cette fois ne fait pas exception ».
L’écart de lecture entre institutions et marchés financiers illustre la phase actuelle : montée en puissance rapide des investissements dans l’infrastructure IA, premières retombées mesurables sur la productivité et incertitude de court terme sur la mobilité des emplois. La variable critique reste la vitesse d’absorption par les organisations : si les gains se concentrent sur certains profils et régions, la pression sur les salaires d’entrée et la polarisation des compétences pourraient s’installer avant que la création nette d’emplois ne prenne le relais.
Source : ITHome



