
La bataille du supercalcul se joue désormais autant sur la densité que sur la puissance brute. Avec son nouveau GX5000, HPE cherche à pousser plus loin l’exascale tout en répondant à la montée des charges IA et des usages liés au quantique.
Le HPE Cray GX5000 mise sur la densité et le refroidissement liquide
Présenté à l’occasion de l’AMD Advancing AI 2026, à San Francisco, le HPE Cray GX5000 repose sur les processeurs AMD EPYC de 6e génération. HPE le positionne comme la base de ses prochains systèmes exascale et leadership-class, avec une intégration complète autour des CPU, accélérateurs, stockage, réseau, logiciel et refroidissement liquide direct à 100 %.
Le constructeur avance une densité record, avec 40 % de cœurs AMD EPYC 9996 en plus par rack que l’offre concurrente la plus dense du marché. HPE met aussi en avant une réduction de 25 % de l’emprise au sol par rapport à la génération précédente, ainsi qu’une hausse de 25 % de la température de l’eau chaude d’installation, avec une capacité pouvant atteindre 40 C grâce à sa nouvelle génération de refroidissement liquide direct.
Le GX5000 a été conçu pour les charges convergées HPC et IA, en particulier la modélisation, la simulation, l’entraînement de modèles et les workflows scientifiques dans la découverte de médicaments, la prévision climatique ou la science des matériaux. HPE ajoute aussi des fonctions de multi-tenant sécurisé pour mieux gérer les accès utilisateurs dans les environnements collaboratifs.
HPE n’avance pas seul sur ce terrain : les dernières briques Cray pour l’IA et le HPC montrent déjà comment la gamme s’organise autour du réseau, du calcul et du stockage.
Oak Ridge et Stuttgart parmi les premiers déploiements
Discovery, Lux et Herder ouvrent la feuille de route
Parmi les premiers adopteurs, HPE cite l’Oak Ridge National Laboratory et le High-Performance Computing Center de l’université de Stuttgart, le HLRS. Les deux centres s’appuieront sur des systèmes GX5000 avec processeurs AMD EPYC de 6e génération pour des travaux mêlant IA, simulation et applications liées au quantique.
À Oak Ridge, après Frontier, premier supercalculateur exascale au monde, HPE et AMD participeront à la mise en service de Discovery, une nouvelle machine exascale plus puissante basée sur le GX5000. Le système doit prendre en charge un mélange de simulation convergée, de charges IA, de développement et d’entraînement de modèles, tout en servant de banc d’essai pour les travaux du laboratoire autour de l’informatique quantique.
ORNL, HPE et AMD développent également Lux, un système IA dédié fondé sur des plateformes HPE de nouvelle génération équipées d’AMD EPYC 6e génération. Lux s’inscrit dans le cadre de la U.S. Genesis Mission, avec un objectif affiché de soutien à la sécurité nationale et à la compétitivité américaine.
En Allemagne, le HLRS prépare son futur système phare Herder. HPE indique une puissance attendue 7 fois supérieure à celle du supercalculateur actuel du centre, avec une orientation claire vers la recherche européenne, l’innovation industrielle, la simulation convergée et l’entraînement de modèles IA.
Deux lames, jusqu’à 112 GPU AMD par rack et 81 920 cœurs CPU
Le HPE Cray Supercomputing GX5000 sera décliné en deux types de lames pour couvrir les besoins en calcul mixte et en double précision. La HPE Cray Supercomputing GX350a Accelerated Blade associe un processeur AMD EPYC de 6e génération à quatre GPU AMD Instinct MI430X, avec une densité maximale de 112 GPU AMD par rack.
La HPE Cray Supercomputing GX250 Compute Blade cible de son côté les charges CPU-only en double précision. Elle embarque huit processeurs AMD EPYC de 6e génération par lame, et un rack peut accueillir 40 nœuds, soit jusqu’à 81 920 cœurs CPU.
HPE a aussi confirmé sa collaboration avec AMD autour du système rack-scale AMD Helios, destiné à l’ère des modèles à mille milliards de paramètres. L’ensemble promet 260 TB/s de bande passante scale-up et 2,9 exaflops en FP4 pour l’entraînement IA et l’inférence à très grande échelle, en s’appuyant sur des briques HPE Juniper Networking compatibles avec le standard ouvert UALoE, présenté comme la première implémentation Ethernet du genre pour accélérer ces charges.
Au-delà de l’annonce produit, HPE et AMD confirment ici une stratégie de convergence très nette entre supercalcul classique et infrastructures IA massives. La densité, le refroidissement liquide et l’interconnexion deviennent des variables aussi critiques que le choix des CPU ou des GPU, surtout au moment où les centres HPC doivent absorber simultanément simulation scientifique, entraînement de modèles et premiers workloads hybrides autour du quantique.
Source : TechPowerUp