
Réduire la facture mémoire des accélérateurs d’IA pourrait coûter cher aux acheteurs de stockage PC. Une nouvelle architecture flash promet un coût par gigaoctet fortement réduit, au prix d’une consommation de silicium susceptible de tendre l’approvisionnement.
HBF : 0,64 dollar par Go, contre 6,78 dollars pour la HBM4
Les analystes de Bernstein estiment qu’un empilement HBF à huit dies, ou 8-Hi, coûterait 0,64 dollar par Go, contre 6,78 dollars par Go pour un empilement HBM4 comparable. Cela représente respectivement environ 0,60 et 6,30 euros à titre indicatif, soit un rapport proche de un à dix.
La High Bandwidth Flash reprend le principe d’empilement de la HBM, mais avec des dies NAND plutôt que de la DRAM. Des interconnexions verticales TSV relient les dies, tandis qu’un die logique de contrôle est associé à l’ensemble.
Le gain économique s’accompagne d’une contrainte technique majeure : la latence. Une lecture prend environ 1 ns en SRAM, 100 ns en DRAM et 100 µs en NAND. La flash reste donc environ 1 000 fois plus lente en lecture que la mémoire DRAM utilisée par la HBM.
La HBF compense cette lenteur par le parallélisme : le die logique programme des milliers de lectures simultanées. Chaque accès demeure lent, mais leur agrégation permettrait d’atteindre une bande passante de 0,3 à 3 To/s. Cette approche ne résout toutefois ni la lenteur des écritures ni l’endurance limitée de la NAND.
SanDisk développe actuellement un standard HBF avec SK hynix, visant une capacité de 512 Go et une bande passante de 0,4 à 3 To/s. Le déploiement commercial est attendu en 2028 ou 2029.
Une consommation de wafers qui pèserait sur le stockage PC
À ce niveau de coût, la HBF pourrait remplacer la HBM pour certains usages, notamment le stockage des poids des modèles d’IA. Autre application envisagée : le cache KV de préfixes partagés, lorsque des milliers de requêtes exploitent le même long prompt système, une base de code ou une documentation de plusieurs centaines de pages. Le cache correspondant à ce contexte commun serait calculé une fois, puis conservé durablement en HBF.
Mais un empilement HBF 8-Hi mobiliserait 6,5 fois plus de wafers qu’une NAND TLC classique, rapporte Wccftech. Une adoption commerciale importante pourrait ainsi absorber une part des capacités de production de NAND et limiter l’offre disponible pour les SSD.
Le faible coût par gigaoctet pourrait également stimuler de nouveaux usages, selon le mécanisme du paradoxe de Jevons : rendre une ressource plus économique finit par accroître sa consommation totale. L’économie réalisée face à la HBM ne se traduirait donc pas nécessairement par une moindre demande de silicium.
Pour les SSD grand public, le risque dépendra surtout du rythme d’adoption de la HBF et des capacités NAND disponibles à son lancement. Une mémoire moins coûteuse pour les serveurs d’IA pourrait ainsi freiner la baisse des prix du stockage PC, sans que ses avantages techniques profitent directement aux joueurs.
Source : Wccftech