
Les records s’enchaînent chez NVIDIA, mais un indicateur clé vient de disparaître du radar. Avec 81,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires au Q1 2026, soit environ 75,1 milliards d’euros à titre indicatif, le groupe ne détaille plus séparément les revenus de ses GPU GeForce RTX destinés au jeu.
GeForce RTX bascule dans une catégorie beaucoup plus large
Lors de la publication des résultats trimestriels, la directrice financière Colette Kress a indiqué que les revenus liés aux GeForce RTX étaient désormais intégrés au segment Edge Computing. NVIDIA présente cette activité comme un ensemble couvrant les appareils pour l’IA agentique et l’IA physique, avec les PC, les consoles, les stations de travail, les stations de base AI-RAN, la robotique et l’automobile.

Le dernier pointage autonome pour le gaming remontait au Q4 2025, avec 3,7 milliards de dollars, soit environ 3,4 milliards d’euros. Désormais, la nouvelle ligne Edge Computing affiche 6,4 milliards de dollars, en hausse de 10 % sur un trimestre et de 29 % sur un an, même si la comparaison est imparfaite puisque le périmètre et l’intitulé ont changé.
Une lecture bien plus floue des ventes gaming
Le problème, c’est que ce segment regroupe maintenant plusieurs sources de revenus : les ventes de GeForce RTX, mais aussi des modèles IA, l’automobile, des bibliothèques logicielles et des infrastructures réseau accélérées comme l’AI-RAN. Autrement dit, il devient beaucoup plus difficile d’isoler la performance réelle du jeu sur PC dans les comptes de NVIDIA.
Ce brouillage comptable intervient alors même que NVIDIA continue de présenter ses GPU grand public comme une brique essentielle de sa stratégie. Pour prendre la mesure de cette continuité entre cartes gaming et ambitions IA, on peut relire la manière dont les GPU GeForce RTX servent déjà de base à l’exécution d’un modèle d’IA open source optimisé par NVIDIA.
Au Q1 2026, l’Edge Computing ne représente que 7,84 % du chiffre d’affaires total. Ce choix de présentation reflète la nouvelle hiérarchie interne de NVIDIA, où le gaming devient un bloc minoritaire au sein d’un portefeuille dominé par d’autres activités, en particulier l’IA et l’infrastructure.
Vera en embuscade sur le marché CPU
Ces résultats ont aussi remis en lumière l’arrivée de NVIDIA sur le marché des CPU autonomes avec la génération Vera. L’entreprise estime pouvoir vendre pour 20 milliards de dollars de CPU Vera, soit environ 18,4 milliards d’euros, en visant un marché adressable total de 200 milliards de dollars avec ses produits autonomes.
En s’appuyant sur les grands hyperscalers pour fournir des racks équipés de CPU Vera, NVIDIA cherche à accélérer le déploiement dans les infrastructures, aussi bien pour un usage interne que pour des offres à destination de tiers. Si cette trajectoire se confirme, le groupe pourrait rapidement se positionner juste derrière AMD et Intel sur ce segment.
Pour les observateurs du marché PC, ce changement n’est pas anodin. Tant que GeForce RTX restait visible ligne par ligne, il était possible d’évaluer la santé du gaming chez NVIDIA malgré le poids croissant de l’IA ; avec Edge Computing, cette lecture devient nettement plus opaque, au moment même où les GPU grand public comptent moins dans l’équation financière du groupe.
Ce flou n’empêche pas NVIDIA de continuer à mettre RTX au centre de sa communication produit et de ses démonstrations techniques. C’est justement ce que rappelait récemment la présentation GeForce ON centrée sur le ray tracing, l’IA et les outils RTX pour développeurs, preuve que la marque reste un pilier visible même quand ses revenus gaming deviennent plus difficiles à isoler.
Source : TechPowerUp