
Des bit flips en GDDR6 suffisent à corrompre les tables de pages GPU et à sortir du bac à sable. À l’arrivée, un shell root via le GPU n’est plus théorique.
GDDR6 Rowhammer : une voie directe vers la mémoire hôte
Les travaux publiés sous l’initiative gddr.fail décrivent deux vecteurs, GDDRHammer et GeForge, qui martèlent des rangées GDDR6 jusqu’à provoquer des inversions de bits. Une fois les tables de pages GPU altérées, le mapping mémoire dévie et l’accès à la mémoire CPU devient possible, avec compromission complète de la machine.

Les démonstrations publiques ont été réalisées sur une GeForce RTX 3060 et un GPU workstation Ampere. NVIDIA avait précédemment pointé la RTX A6000 (GDDR6) dans un avis sécurité, et les auteurs indiquent que presque toutes les RTX A6000 testées demeurent vulnérables dans des réglages réalistes.
Les limites rapportées précisent qu’aucun bit flip n’a été observé sur des échantillons de RTX 3080, RTX 4060, RTX 4060 Ti et RTX 5050. Le papier GDDRHammer ne trouve pas non plus de flips induits sur des Ada RTX 6000 testées et suggère que la GDDR6X embarque des contre-mesures plus robustes que la GDDR6.

NVIDIA indique de son côté que les GPU en GDDR7, dont la série GeForce RTX 50, intègrent un ECC on-die qui aide indirectement contre Rowhammer. Les RTX 50 ne sont donc pas confirmées comme affectées par ces travaux.
Mitigations, portée et contraintes
L’activation de l’ECC via la ligne de commande est citée à la fois par gddr.fail et NVIDIA comme mesure d’atténuation. En pratique, cela réduit la mémoire utilisable et impacte les performances, un compromis peu désirable pour une machine de jeu.

Le périmètre des modèles affectés n’est pas homogène : les attaques publiées ciblent la RTX 3060 et des cartes Ampere pro, alors que les RTX 3080/4060/4060 Ti et certaines Ada RTX 6000 n’ont pas montré de flips induits lors des tests. La robustesse apparente de la GDDR6X et l’ECC on-die de la GDDR7 dessinent une ligne de défense matérielle plus tangible sur les générations récentes.
Pour les environnements sensibles exploitant des GPU GDDR6 sans ECC effectif, la sévérité est élevée : la corruption des tables de pages GPU suffit pour briser l’isolation et atteindre la RAM hôte. Côté grand public, l’arbitrage se fait entre risque théorique et coût pratique de l’ECC, en attendant d’éventuels microcodes, pilotes ou choix mémoire plus résistants.
Source : VideoCardz