
À Davos, Eric Schmidt a prévenu que l’Europe devait financer des laboratoires d’IA open source et s’attaquer au coût de l’énergie, faute de quoi elle s’exposait à une dépendance rapide aux modèles chinois. L’ancien CEO de Google, devenu investisseur, estime que les acteurs américains convergent vers des solutions fermées, vendues sous licence, quand la Chine pousse des modèles à « poids ouverts », plus transparents et réutilisables.
Schmidt situe le point de bascule très clairement : sans investissements massifs dans des modèles européens, les entreprises du continent finiront par intégrer des modèles chinois. Il cite en miroir la trajectoire de Gemini chez Google ou de ChatGPT chez OpenAI, tous deux fermés, face à l’offensive chinoise sur l’ouverture des poids, qui facilite l’audit, l’adaptation et l’optimisation locale.
Énergie, data centers et réalisme industriel
Au-delà du financement logiciel, Schmidt insiste sur le talon d’Achille européen : des prix de l’électricité élevés et une capacité de data centers insuffisante pour entraîner des modèles et des agents plus puissants. Il rappelle s’être impliqué dans une société de data centers visant à absorber la demande énergétique colossale de l’IA, et s’inquiète lui-même de l’impact du boom américain de l’IA sur l’approvisionnement en électricité.
Le message est limpide pour l’écosystème local : sans arbitrer rapidement entre coûts énergétiques, nouveaux sites, connectivité et filières de calcul intensif, l’open source européen restera un vœu pieux. À court terme, cela rebat les cartes pour les fournisseurs d’infrastructures, de l’alimentation électrique aux systèmes de refroidissement des salles, et conditionne la capacité des acteurs européens à entraîner des modèles maison plutôt que d’assembler des briques venues d’ailleurs.