
Selon Mashable, Bango affirme que 72 % des abonnés à ChatGPT ont défini la version web du service comme page d’accueil de leur navigateur, sur desktop comme sur mobile. Si ce taux se confirme à l’échelle, l’« entrée » du web se déplacerait mécaniquement d’un moteur de recherche vers un assistant conversationnel, grignotant l’avantage structurel de Google sur le trafic initial.
Google conserve une position dominante historiquement adossée aux réglages par défaut. Avant les restrictions liées aux procédures antitrust, le groupe versait jusqu’à 20 milliards de dollars par an à Apple pour rester le moteur par défaut sur iPhone. En 2024, un juge fédéral américain a estimé que Google avait illégalement maintenu son monopole dans la recherche, une décision en appel.
Depuis l’arrivée de ChatGPT fin 2022, la rivalité avec OpenAI s’est déplacée du terrain de la recherche vers celui de l’« agent » conversationnel. Un rapport le mois dernier évoquait une baisse d’environ 6 % des utilisateurs de ChatGPT après le lancement de Gemini 3, tandis que Google a annoncé un rapprochement avec Apple autour d’« Apple Intelligence ». Côté OpenAI, Sam Altman a déclaré une « alerte rouge » interne après l’annonce de Gemini 3.
Le point d’entrée change, le modèle économique aussi
Si les abonnés ChatGPT déplacent leur page d’accueil, ils court-circuitent la page de recherche traditionnelle, réduisant l’exposition aux résultats sponsorisés qui financent Google. Bango estime que ce basculement pourrait se compter en centaines de millions d’utilisateurs potentiels, même si l’étude ne documente que la population payante de ChatGPT, un segment naturellement plus engagé que la moyenne.
Reste l’inertie des usages grand public et la force des intégrations système. Les accords de distribution, les défauts sur Android et iOS, ainsi que la qualité perçue des réponses dans des tâches transactionnelles pèseront davantage que des déclarations d’intention. Pour Google comme pour OpenAI, l’enjeu est moins la requête unique que la capture du parcours utilisateur dès l’ouverture du navigateur.
Au-delà des parts de marché, la redistribution publicitaire est le nerf de la guerre: si les assistants conversationnels deviennent l’interface par défaut, la monétisation bascule de l’indexation vers l’orchestration de services, avec des risques de clôture de l’écosystème et de nouvelles rentes liées aux intégrations natives. L’équilibre se jouera dans les mois à venir entre accords d’appareils, précision des réponses et modèles de rémunération acceptables pour l’industrie.
Source : ITHome



